Sites de laboratoires de recherche : trois migrations de SPIP vers WordPress

Publié le 4 octobre 2026

J’ai refait les sites de trois laboratoires de recherche : le CESSP, le CRESPPA et AOROC. Les trois tournaient sous SPIP depuis de nombreuses années. Les trois ont été migrés vers WordPress.

Les disciplines sont différentes : sociologie et science politique pour les deux premiers, archéologie et philologie pour le troisième. Les besoins, eux, se ressemblent beaucoup. Des centaines de pages accumulées, un trafic régulier, des membres qui veulent gérer leur propre fiche, un agenda chargé et des publications à rattacher aux bons axes de recherche, aux membres, à l’agenda…

Partir d’un vieux SPIP

Un site SPIP utilisé depuis longtemps contient beaucoup plus que ce qu’on voit en naviguant. Des articles rangés dans des rubriques qui ont changé de sens, des mots-clés utilisés de façon inégale, des documents joints sans titre, du HTML inséré à la main.

La migration ne se résume donc pas à un import. Il faut d’abord décider ce que devient chaque type de contenu dans WordPress : une page, un article, ou un type de contenu dédié (membre, publication, événement). Ensuite seulement on convertit, en nettoyant le code au passage pour qu’il s’affiche proprement dans l’éditeur de blocs.

Reste la question du référencement. Ces sites sont bien positionnés : des noms de chercheurs, des titres de séminaires, des sujets de thèse. Changer toutes les adresses sans précaution ferait perdre ce capital. Chaque ancienne URL SPIP doit renvoyer vers sa nouvelle adresse par une redirection 301. Sur AOROC, cela représentait la mise en correspondance complète des deux listes d’URL, ancienne et nouvelle.

Relier les membres, les publications et les axes

Un site de laboratoire est d’abord une base de données. Chacun de ces trois sites compte entre 2 000 et 4 000 publications. Un chercheur appartient à une équipe, participe à un ou plusieurs axes, publie des ouvrages, intervient dans des séminaires. Chaque information doit être saisie une fois et apparaître partout où elle est utile.

Dans WordPress, cela passe par des types de contenu personnalisés (membres, publications, événements, projets) et des champs ACF qui les relient entre eux. Une publication rattachée à un axe s’affiche sur la page de cet axe. Elle apparaît aussi sur la fiche de chacun de ses auteurs, sans double saisie.

Sur le CRESPPA, le site réunit trois équipes (CSU, GTM, LabTop) et cinq axes transversaux. Sur AOROC, les membres sont classés selon sept statuts, des chercheurs aux correspondants étrangers, et les missions archéologiques sont placées sur une carte. La structure change d’un laboratoire à l’autre, la logique reste la même.

Des fiches tenues à jour par les chercheurs

Dans un laboratoire de plusieurs dizaines de membres, l’annuaire vieillit vite si une seule personne doit le tenir à jour. Sur deux de ces trois sites, chaque membre peut se connecter et modifier sa propre fiche : biographie, thèmes de recherche, coordonnées, publications.

Cela suppose un formulaire simple, utilisable sans formation. Les champs sont limités à ce qui est utile, avec des textes d’aide là où il y a une hésitation possible. Les droits sont réglés pour qu’un chercheur ne puisse pas modifier autre chose que sa fiche.

Le gain est réel pour l’équipe administrative, qui n’a plus à relayer chaque changement d’affectation ou chaque nouvelle publication.

L’agenda

L’agenda change chaque semaine. Séminaires hebdomadaires, journées d’étude, colloques, soutenances, et sur AOROC des dizaines de cours de langues anciennes chaque semaine.

Chaque événement est un contenu à part entière, avec sa date, son lieu, ses intervenants et son équipe. Les listes se génèrent automatiquement : prochains rendez-vous en page d’accueil, programme d’un séminaire sur sa propre page, événements passés archivés sans intervention. Un événement saisi une fois apparaît au bon endroit et disparaît de la une quand il est passé.

Les contraintes propres à la recherche publique

Un laboratoire dépend de plusieurs tutelles : CNRS, universités, écoles. Le CRESPPA relève du CNRS et de deux universités, AOROC du CNRS, de l’ENS et de l’EPHE. Chacune a ses logos et ses règles d’affichage, et le site doit les respecter sans ressembler à un empilement de chartes.

D’autres éléments reviennent d’un site à l’autre :

  • le lien vers la collection HAL du laboratoire, où se trouve la liste exhaustive des publications ;
  • les pages institutionnelles attendues : organigramme, rapport HCERES ;
  • un accès à l’intranet pour les membres ;
  • plusieurs adresses, car beaucoup de laboratoires sont répartis entre deux ou trois sites.

Il faut aussi pouvoir mesurer l’usage du site. Sur AOROC, les téléchargements de PDF sont suivis dans Matomo, ce qui permet de savoir quels documents sont réellement lus.

Conclusion

La partie visible, le graphisme, ne représente qu’une part du travail. L’essentiel se joue en amont : comprendre comment le laboratoire fonctionne, qui fait quoi, quelles informations circulent entre les équipes. Une fois ce modèle posé, WordPress offre ce qu’il faut pour le traduire, avec ACF pour les champs et les relations et des extensions spécifiques quand l’outil standard ne suffit pas.

Le second point, c’est l’autonomie. Un site de laboratoire vit grâce à ses membres. S’il est simple à mettre à jour, il reste à jour. Je m’efforce toujours de faire des sites qui sont le plus simple possible à administrer.

Vous gérez le site d’une unité de recherche encore sous SPIP, ou un site devenu difficile à maintenir ? Contactez-moi pour en parler.