Pendant des années, trois formats se sont partagé le web : le JPEG pour les photos, le PNG pour les images avec transparence, le GIF pour les petites animations. Ils ont bien joué leur rôle, mais ils datent des années 90 et n’ont jamais été pensés pour des sites sur mobile ou une optimisation SEO.
Le WebP est arrivé en 2010. C’est Google qui l’a créé, à partir de son codec vidéo VP8. Un seul format capable de remplacer les trois autres. Il gère la compression avec ou sans perte, la transparence comme le PNG, et l’animation comme le GIF. Le gros intérêt reste le poids : à qualité équivalente, un WebP pèse souvent 25 à 40 % de moins qu’un JPEG, et bien moins qu’un PNG.
Le problème, au début, c’est que seul Chrome le lisait. Pendant des années, si vous mettiez du WebP sur votre site, une partie de vos visiteurs voyait une image cassée. Firefox ne l’a accepté qu’en 2019, Safari en 2020. C’est ce retard qui a longtemps freiné son adoption. Aujourd’hui la question ne se pose plus : tous les navigateurs récents l’affichent sans souci.
Sur les sites que je crée à Grenoble et ailleurs, le WebP est devenu ma norme. Quand je livre un site WordPress, je convertis les visuels lourds en WebP. Ça donne des pages qui s’affichent plus vite, un meilleur score de vitesse et un site plus agréable pour le visiteur comme pour Google. Pour un festival, une compagnie de danse ou une association qui publie beaucoup de photos, la différence se voit vraiment.
Quels outils ?
Un mot sur les outils. Pour convertir une image en WebP, pas besoin de logiciel compliqué. GIMP, gratuit, sait exporter en WebP depuis longtemps. Photoshop le fait aussi, nativement dans ses versions récentes. Et si vous ne voulez rien installer, Photopea fonctionne directement dans le navigateur, avec une interface très proche de Photoshop.
L’avenir
Reste un format qui pourrait bien devenir mon prochain favori : l’AVIF. Il compresse encore mieux que le WebP, pour une qualité au moins équivalente. Longtemps il a souffert du même défaut de jeunesse, une compatibilité limitée. Ce n’est plus vraiment le cas, la plupart des navigateurs le gèrent désormais. Je le teste sur certains projets et je compte l’intégrer davantage dans mes prochaines créations de sites Internet. Le WebP reste pour l’instant mon choix par défaut, simplement parce qu’il est fiable partout et bien géré par WordPress.
J’insiste souvent sur ce sujet auprès des clients qui gèrent eux-mêmes leur site et publient leurs propres photos : soyez attentifs au format et au poids de vos images. Je constate pourtant parfois un vrai désintérêt pour ces questions, alors qu’elles sont loin d’être des détails. Une image de 4 Mo mise en ligne telle quelle plombe le référencement, ralentit le chargement, gâche le confort de lecture et consomme de l’énergie pour rien, à chaque visite.
Si vous vous demandez pourquoi votre site met du temps à charger, le format de vos images est souvent la première piste à regarder.
Comparatif
À qualités équivalentes cette vue de Grenoble de 1200px de large et de haut va peser
– 2,11 Mo en PNG
– 311 Ko en JPG avec une compression moyenne
– 206 Ko en WebP










